Cheminements — Pascal, 27 ans, professionnel de santé dans une banlieue Nord de Paris

Dans cette série, nos adhérents vous font partager des récits de vie, des ressentis, le cheminement qui les a conduits à s’engager dans un mouvement citoyen pour que les idée républicaines restent vives et à vivre.

Un second témoignage: Celui de Pascal. Nous le remercions pour la sincérité et la force de ses paroles. Propos recueillis par Danièle Laufer.

Je vis et travaille dans cette ville dans laquelle j’ai grandi. Je l’ai vue évoluer, et je ne la reconnais plus. En dix ans, tout a basculé. Elle s’est islamisée. Il y a désormais une très grande majorité de femmes voilées. Beaucoup de gens ne parlent pas un mot de français. Il est devenu impossible d’acheter une pizza ou un sandwich au jambon. On n’en trouve plus. C’est à moi, qui suis là depuis toujours, de faire des kilomètres pour en trouver si j’ai envie d’en manger. Il y avait depuis longtemps un magasin Nicolas. Le gérant subissait des pressions telles parce qu’il vendait de l’alcool, qu’il a fini par fermer.

Mes amis sont quasiment tous musulmans et me disent « C’est la loi de l’offre et la demande ». Il y a cinq ou six ans encore, nous pouvions parler librement de religion. Ils sont devenus pieux et aujourd’hui, je n’ose plus aborder avec eux le sujet de la religion.

Il se trouve que je suis d’origine méditerranéenne et très typé, alors on me prend pour un musulman. Du coup, on s’adresse souvent à moi en arabe. Je suis obligé de répondre que je ne comprends pas.

Je tiens à ma ville, mais je n’en peux plus d’y vivre. J’ai peur d’être obligé de partir et de tout lâcher – mes amis et tout ce que je connais et que j’aime. Je vais finir par céder et m’exiler, je le sais.