On dit souvent qu’au premier tour, on choisit et qu’au second, on élimine. Voilà pourquoi nous vous invitons à utiliser le bulletin Macron pour empêcher Marine Le Pen d’accéder à la présidence de la République.

 

Nous faisons ce choix par défaut, mais en conscience. En effet, quels que puissent être les doutes que nous avons sur le rapport du leader d’En Marche à la laïcité et malgré la porosité de ce mouvement sur certains territoires à l’égard des islamistes, En Marche n’en reste pas moins un parti démocratique, là où le FN, fondé par des miliciens, des membres des SS, des négationnistes, reste un parti d’extrême-droite, brutal, identitaire, nationaliste et xénophobe. Nous ne participerons pas à sa banalisation.

 

Dans le premier cas nous pourrons continuer de porter nos combats ; dans le second, il n’est même plus dit que nous aurons voix au chapitre. Et ce ne sont pas là de petites différences

 

La démocratie, disait Raymond Aron, ce n’est pas un choix entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable. C’est ainsi que, parfois, on en est réduit à choisir le moins pire. Mais même dans ces extrémités-là, le choix reste signifiant et important.

 

On peut comprendre la rancœur des électeurs qui en ont assez de voter pour des élus qui ne correspondent ni à leurs attentes ni à leurs espoirs, voire pis, qui les trahissent systématiquement une fois au pouvoir. Cette crispation est d’autant plus forte que la présence de plus en plus systématique du Front National au second tour des élections, les contraint à un vote barrage qui ne leur permet plus d’exprimer leurs attentes. Le phénomène devient répétitif et sert tellement souvent à maintenir en place des personnes qui ne représentent pas grand-chose ou qui échappent ainsi aux conséquences de leur médiocrité, que l’on peut comprendre que ce deuxième tour de la Présidentielle leur laisse le sentiment que d’une manière ou d’une autre, on leur a volé l’élection.

 

Et pourtant, il faudra bien faire son devoir. N’avoir plus que cela comme raison de glisser un bulletin dans l’urne est un échec politique, mais la deuxième option est pire, qui revient à donner le pouvoir à un parti dont nous n’ignorons pas la dangerosité et dont la dédiabolisation est un axe de communication, pas un changement d’idéologie ou de vision du monde.

 

Alors, à ceux qui sont tentés par l’abstention, le vote blanc ou le vote révolutionnaire, nous disons que nous comprenons votre agacement. Nous concevons que les injonctions à voter vous soient pénibles, le climat est d’une grande violence et vous en avez largement été la cible, ce qui était une erreur, une faute et une grande injustice.

 

Nous vous demandons néanmoins d’adresser une belle fin de non-recevoir à Marine Le Pen. La campagne d’entre deux tours a montré qu’Emmanuel Macron ne suscitait pas l’enthousiasme et avait du mal à rassembler, aussi votre mobilisation contre Le Pen ne vous sera pas volée, même si votre vote aura été contraint. Le résultat de ce deuxième tour ne sera pas assimilable à un soutien à Emmanuel Macron mais à un refus de l’extrême-droite. Et de ce résultat-là nous pourrons être collectivement fiers. Quel que soit le vainqueur de ce second tour, le dimanche soir à 20h, nous serons à vos côté pour continuer à porter une exigence politique où l’idéal laïque, républicain et solidaire sera le cœur de notre action. Vous pourrez compter sur Viv(r)e la République.