La laïcité est comme la République, une et indivisible.

La défense d’un principe s’accommode mal de l’aveuglement qui porte certains, comme Le Front National, à faire de la laïcité le cheval de Troie d’une idéologie obscurantiste en la dévoyant pour mieux l’orienter politiquement.

La laïcité défendue par Viv(r)e la république est la seule qui vaille parce qu’elle est sans adjectif et sans orientation politique: elle est ce qui fait la République plus grande et plus belle pour Tous.

Pas plus que l’on ne saurait tolérer l’implication publique et active de nos élus dans l’organisation d’événements liés à une autre religion, il ne saurait être admis que la Mairie du seizième arrondissement de Paris et son maire LR puissent intervenir à ce point directement dans l’organisation d’un débat orthodoxe sur les bienfaits du jeûne et du carême.

Viv(r)e la République s’inquiète de la multiplication de cette confusion des genres et de l’implication de certains élus dans une atteinte aux principes essentiels de neutralité et de laïcité.

Il est certes admis, au nom du principe constitutionnel de liberté de réunion, que la location d’une salle à des fins religieuses n’est pas en soi proscrite.

Mais si cette liberté est celle pour une commune de mettre à disposition d’une association religieuse une salle dans les mêmes conditions tarifaires que d’ordinaire, elle n’autorise pas tout.

Ainsi et même si l’article L. 2143-3 du code général des collectivités territoriales ne proscrit pas ce type de mise à disposition, c’est à la condition que la mairie ne s’implique pas activement dans l’organisation de l’événement qui le justifie.

Le Conseil d’état juge effectivement en application de cet article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales, de la loi du 9 décembre 1905 et des principes de neutralité et d’égalité qu’ ” une commune ne peut rejeter une demande d’utilisation d’un tel local au seul motif que cette demande lui est adressée par une association dans le but d’exercer un culte ” dès lors que ” les conditions financières de cette autorisation excluent toute libéralité ” et que le local ne sera pas laissé ” de façon exclusive et pérenne à la disposition d’une association pour l’exercice d’un culte ” (CE, Ass. 19 juillet 2011, Commune de Montpellier, n°313518).

Pour autant, il n’est en revanche plus admissible qu’une mairie s’implique dans un événement religieux au point d’y inviter, d’y participer par la voix de son premier magistrat et ainsi de promouvoir une forme de casse de la neutralité et de la laïcité au centre des dispositions de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905.

Le principe constitutionnel de neutralité religieuse de l’état implique celle des services publics au nom de l’égalité devant la loi, dont il est l’un des corollaires. Il implique la séparation du cultuel et du pouvoir politique et participe à la Concorde de la Nation.