Khadija Ben Ali (pseudonyme) est née et a grandi au Maroc. Installée en France au début des années 2000, elle y découvre de plus en plus ahurie l’apparition de normativités islamiques nouvelles, purement inventées, et pourtant présentées comme la norme ordinaire de l’islam, par des français d’origine maghrébine qui lui paraissent, à elle, la “blédarde”, si ignorants et peu acculturés à la culture arabe. Elle y devine rapidement, comme d’autres, la main insidieuse de l’islamisme, cette gangrène fasciste que les habitants des pays arabes ont appris à redouter. Le souvenir des années 90 et de l’effroi face au sort de l’Algérie est toujours vivace. Malheureusement, un angélisme béat ou une complaisance coupable au nom de la solidarité avec les nouveaux “damnés de la terre”, entendent interdire aujourd’hui en France la parole des Arabes épris de liberté et d’égalité. Le rétablissement des faits, face à la perpétuelle entreprise d’occultation de la part des idiots utiles de l’islamisme est une nécessité absolue.
“La vérité brûle en silence, comme une lueur ardente dans un tombeau” Louis Antoine de Saint Just, Discours à la Convention du 27 Décembre 1792

 

 

Sur la signification d’Allah ou Akbar, un point de vue marocain
(à propos d’une méprise d’une supposée docte doctorante de l’EHESS) – Khadija Ben Ali

Selon Amélie Chelly, docteure en sociologie religieuse et politique au CADIS (EHESS), le FN s’est emparé d’une des nombreuses interprétations données à l’expression « Allahou Akbar » : « Quand un terroriste islamiste s’apprête à mourir en commettant un attentat, il utilise cette expression comme une ultime signature pour ’embrasser les bras de Dieu’. Ce que l’extrême droite veut nous expliquer en pointant cette séquence, c’est qu’il existe un lien entre cette jeunesse des quartiers et le terrorisme islamiste. Or cette expression a plusieurs connotations : culturelle, pour célébrer un événement, religieuse traditionnelle lors de l’appel à la prière, liée à un islam politique et désormais, terroriste ».
Eh bien non, Allah ou Akbar n’a pas une connotation culturelle et n’est pas une expression coutumière. C’est une exclamation utilisée dans le cadre du rite de la prière sunnite, qui proclame que Dieu est le plus grand. Cette expression est d’ailleurs entourée d’une aura de sacralité, ce qui l’empêche d’être utilisée à la légère dans la vie quotidienne. Elle est donc utilisée avec parcimonie. C’est « Inch’allah » signifiant « Si Dieu le veut » qui est une expression très courante au Maghreb. Ou encore « Alalh ister » ou « Allah i hfad »pour dire « que Dieu nous en protège ». « Allah kbir » permet de constater que Dieu est grand face à une injustice réparée.
En réalité, Allah ou Akbar est la proclamation utilisée par les islamistes. Nous, habitants des pays où ils sévissent, avons appris à nous méfier des crieurs de « Allah ou Akbar » depuis 30 ans. L’épaisseur idéologique de cette exclamation ne laisse aucun doute depuis longtemps. Depuis les années 80, nous nous méfions des barbus et proclamateurs d’Allah ou Akbar dans l’espace public. Nous avions compris qu’il s’agissait pour eux de prendre le pouvoir. La sinistre décennie 90 et le sort terrifiant qu’ils ont fait subir à nos amis et voisins algériens nous a confortés dans cette analyse. Oui, il y avait de quoi sérieusement s’inquiéter … S’exclamer Allah ou Akbar, quand on est né en France, n’est pas reprendre une expression coutumière du pays de ses parents ou grands-parents dans un contexte d’émotion. Notons, par ailleurs, que cela ne serait pas survenu il y a 20 ans. Manifestement, la symbolique a minima islamique fascine désormais.
Pourquoi occulter ainsi à tout prix l’évidence ? Cela in fine au service de l’avancée de l’idéologie islamiste fasciste. Dans ces conditions, il est bien sûr peu étonnant que l’autre extrême droite boive du petit lait et en fasse son beurre : c’est trop bon ! Les idiots utiles des islamistes sont également au passage les idiots utiles du Front national.
Quand je pense, qu’il y a encore dix ans, prétendre que tout le monde baragouinait Allah ou Akbar dans la vie quotidienne au Maghreb, relevait de la propagande de l’extrême droite caricaturant les Maghrébins en indécrottables bigots … Ces mêmes caricatures sont finalement aujourd’hui relayées par les prétendus « antiracistes » (et autres « pas d’amalgamistes ») pour venir en appui à l’islamisme, vu comme la nouvelle idéologie libératrice des opprimés par une certaine extrême gauche essentialiste.
Ce que je sais, c’est que celui qui s’amuse, au Maroc actuellement, à crier Allah ou Akbar dans la rue est assuré d’avoir affaire de très près aux services de renseignement et qu’il lui en cuira.
Qui l’eut cru, un monarque de droit divin, seul clairvoyant et actif dans la lutte réelle contre l’obscurantisme ?