Viv(r)e la République est un mouvement citoyen et non partisan, né après les attentats contre Charlie – Hebdo, l’hypercasher et le Bataclan. Viv(r)e la République est composé de lanceurs d’alerte et de citoyens engagés, avec parfois un passé de militant politique, parfois non, mais qui ont avant tout la volonté de dépasser leurs propres appartenances politiques pour défendre ce socle de valeurs républicaines qui est le bien commun de chaque citoyen : laïcité, égalité femme/homme, socle des libertés publiques…

Chacun de ses membres a fait le constat de l’impuissance des responsables politiques, de droite comme de gauche, à combattre la violence islamiste, parce qu’incapables de prendre la mesure de sa dangerosité, de ses racines, comme de ses stratégies de prise de pouvoir. A quelques exceptions près, le déni de nos politiques est aussi massif que flagrant… La grande majorité n’a rien d’autre à débiter que son bréviaire sur le “pas d’amalgame” et le “vivre-ensemble”. Un “vivre-ensemble” dont les candidats susceptibles d’accéder à la Présidence font la promotion auprès de la société civile, alors que leur statut social les en préserve.

Or, c’est de la société civile que des voix se sont élevées pour répondre ” Ni amalgame ni déni “, c’est dans la société civile que l’on trouve les véritables défenseurs de ce socle républicain, très rarement dans les partis politiques. Anonymes ou plus connus, les prises de position de ces lanceurs d’alerte leur accrochent une cible dans le dos et ils le payent souvent cher (insultes, ostracisme, déformation de leur pensée et de leur parole, accusation de racisme ou de fascisme, menaces et agressions, voire assassinat dans le cas de l’équipe de Charlie).

Face au totalitarisme islamiste et à la montée de l’extrême droite qui en découle, nous sommes pris en tenaille. Et les dents de ce piège ne cessent de se renfermer sur notre République, le refus de la majeure partie de notre classe politique de prendre la mesure des dangers qui nous menacent accélérant encore le processus. Si un parti ou un des candidats du renouvellement avait su trouver les mots, les arguments pour nous convaincre que ce socle républicain était encore solidement défendu, pouvait à nouveau être incarné, que la conscience du danger était réelle et la volonté de réagir, présente, peut-être que VLR n’aurait pas vu le jour. Hélas ce ne fut pas le cas et ce n’est toujours pas une priorité pour la majorité des candidats à l’élection présidentielle. A les voir en campagne, on dirait qu’il ne s’est rien passé en 2015. Leur monde parait inébranlable quand le nôtre a basculé depuis deux ans.

Nous n’avons été convaincus par aucun des candidats, tant sur la question de la laïcité que de la lutte contre l’islamisme. Au pire ils sont fuyants ou ambigus sur les deux aspects (Hamon, Macron), au mieux quand ils sont lucides sur l’islamisme, on peut avoir des doutes sur leur rapport à la laïcité (Fillon) et quand ils défendent la laïcité, c’est pour se révéler ondoyant concernant la lutte contre l’islamisme (Mélenchon). Nous n’en soutiendrons donc aucun pour le premier tour de cette élection.
Que chacun choisisse en fonction de ses propres critères ou aille voter blanc. Même si le vote blanc n’est pas comptabilisé, puisque nous avons la chance de vivre en démocratie, rendons-nous aux urnes, c’est la plus belle réponse que l’on peut faire aux terroristes qui ont endeuillé cette fin de campagne.
Pour le second tour, en cas de présence de la candidate FN, fidèles à l’adage « au premier tour on choisit, au second, on élimine », nous appelons les adhérents à mettre dans l’urne le bulletin de l’adversaire de Marine Le Pen, quel que soit le nom qu’il porte et nous encourageons l’ensemble des électeurs à en faire autant. Nous leur rappelons que dans ce cas, le vote ne vaut ni soutien ni adhésion au projet politique du candidat utilisé pour faire barrage à l’extrême-droite.

Quoi qu’il en soit, cette élection n’est pas une fin. Le vainqueur pourra donc compter sur notre mobilisation pour lui rappeler les fondamentaux de sa mission et son devoir de garant de la paix civile. Et cette action commence dès les Législatives car du choix des personnes à qui on confie le pouvoir sur le terrain dépend la réalité des politiques publiques. Nous serons donc particulièrement attentifs, dans toutes les circonscriptions où nous avons des militants, à vous informer de la réalité des convictions laïques et républicaines comme du refus du clientélisme de ceux qui sollicitent nos voix.