Lettre ouverte de Viv(r)e la République

C’est avec inquiétude et même découragement que nous avons appris les propos tenus par Madame la Ministre de la Jeunesse et des Sports, Roxana Maracineanu, lors de son audition au Sénat par la commission d’enquête “Combattre la radicalisation islamiste” le 11 Juin dernier.

Il serait trop long de relever la longue litanie de propos approximatifs, vagues et même confus tenus par Madame la Ministre, aussi nous vous invitons vivement à l’écouter attentivement : https://www.facebook.com/senat.fr/videos/625308631528228/

Pourquoi notre courroux ? Le sport est une cible pour certains mouvements radicaux et notamment pour les islamistes. La prise en main dans certaines banlieues de clubs de foot, de l’activité de foot en salle, de clubs de boxe… est connue. La sport est vu comme une façon de commencer un entraînement en mode paramilitaire, basé sur la discipline, la répétition et la maîtrise du geste comme de la rapidité à exécuter ordres et consignes. Or la ministre semble très détachée de ces réalités-là et n’a pas grand-chose à dire sur ce dossier, pas plus qu’elle ne présente de bilan crédible d’actions menées. Déni, absence de volonté politique, méconnaissance du réel, ce n’est pas avec Roxana Maracinéanu que les islamistes seront sérieusement éloignés et leur influence sur la jeunesse, combattue.

D’ailleurs un exemple dit tout de la lâcheté morale au plus haut niveau du ministère. Alors que la volonté des islamistes d’imposer le voile sur les terrains de sport et lors des compétitions internationales s’exprime de plus en plus haut, la ministre des Sports s’en prend à l’interdiction du voile à l’école. Lorsqu’on entend un ministre de la République se refuser à “faire comme à l’école” et expliquer qu’il est difficile de refuser la présence du voile parce que l’activité sportive est “un moment de loisir et de liberté” qui doit être “plus inclusif”, que devons-nous comprendre ? Que l’école est excluante ? Que ce n’est pas un moment de liberté ? Nous croyons, bien au contraire, à Viv(r)re la République, que l’école libère ses élèves et est tout sauf excluant, comme semble le déplorer la Ministre des Sports.

Mais surtout, le voile islamique n’est pas un vêtement (essayez donc de le mettre un jour et de l’enlever le lendemain, comme vous troqueriez un pantalon contre une jupe et vous comprendrez vite la différence entre un vêtement et un signe qui envoie un message politico-religieux) mais un uniforme. Il marque une appartenance et délivre un message. Et le message politique qu’il porte stigmatise la femme. Le voile parle de l’impureté de son corps et de ses cheveux et du refus de lui accorder l’égalité en droit avec les hommes. Ce signe est incompatible avec des valeurs humanistes et universalistes et avec les bases de notre état de droit.

Qu’aujourd’hui encore, une ministre ferme les yeux sur ce que porte comme message politique le voile islamique est insupportable. Ce membre du gouvernement faillit à sa mission première et abandonne toutes les femmes puisqu’elle défend le fait que les islamistes ont le droit de refuser aux femmes l’égalité et peuvent la contester en France, face à nos lois, jusque dans le moindre vestiaire. Cautionnant le port du voile, elle soutient donc ceux qui pensent que la femme est une inférieure et que son corps et ses cheveux doivent être dissimulés. Cette ministre qui devrait porter haut ce que nous sommes et défendre l’égalité femme/homme se défile systématiquement, malgré plusieurs relances de la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio. Roxana Maracineanu refuse de regarder en face le fait que le voile est un symbole d’oppression des femmes. Elle n’a visiblement pas entendue parler du combat des femmes contre le voile en Iran, ni de toutes ces femmes défigurées, assassinées, violées parce qu’elles refusent le voile.

Enfin, dans l’optique de l’organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024, voir que la ministre qui doit accompagner le mouvement olympique français se refuse à inscrire l’article 50 de la Charte Olympique prônant la neutralité religieuse dans les associations et fédérations sportives ne peut qu’alerter. Alors que la radicalisation islamiste se fait sentir dans certains sports et sur certains territoires, Madame Maracinéanu refuse la mesure de base qui permettrait de commencer un travail de tri entre le bon grain et l’ivraie.

C’est pourquoi, Madame la Maire de Paris, nous aimerions savoir si vous partagez les vues de Madame Maracineanu ou si au contraire vous comptez vous saisir de la vitrine formidable des JO 2024 pour accompagner l’émancipation des femmes du monde entier face à la radicalisation islamiste.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression e nos sentiments distingués.

Céline PINA & Sébastien MOUNIER fondateurs de VLR