Le 19 novembre prochain, à l’Hôtel d’agglomération de Rennes, se tiendra un colloque intitulé “Femmes, Emploi et discrimination multifactorielles” sous la houlette de l’association déCONSTRUIRE et de Rennes Métropole.

Nous apprenons sur l’invitation à ce colloque payant (50 à 75 euro de frais d’inscription) que déCONSTRUIRE est une association d’éducation populaire fondée à Rennes en 2016. Qu’elle lutte contre les discriminations multifactorielles et intervient “en milieu scolaire, bibliothèque thématique, conférence gesticulée et accompagnement vers l’emploi“.

Outre Rennes, l’association mènerait des actions à Montreuil et Perpignan.

Toujours selon la présentation qui en est faite sur le site d’inscription, ce colloque est “d’envergure nationale organisé en collaboration avec les services Lutte contre les discriminations et Emploi Insertion Formation de la ville de Rennes et de Rennes Métropole“. Il vise “les acteurs de l’accompagnement vers l’emploi, de l’insertion professionnelle, de la lutte contre les discriminations, de l’égalité femmes/hommes pour réfléchir ensemble aux enjeux et impacts des discriminations multifactorielles dans l’accès à l’emploi

Ce colloque s’appuiera sur plusieurs intervenants et sera introduit par les vices-Présidents de Rennes Métropole Priscilla Zamord et Philippe Salmon, tous les deux élus EELV, la première bien connue pour ses positions flirtant avec tous les décoloniaux médiatiquement connus. Un travail très documenté sur les positions et les liens de Priscilla Zamord est disponible ici 

Ce Colloque organisé par une militante qui ne voit les hommes qu’au travers de leurs particularismes pourra également compter sur la présence de plusieurs intervenants qui sont des représentants très directs et connus de la mouvance décoloniale, souvent imbibée à l’islam politique, autrement dit l’islamisme.

Citons parmi eux, Oumalkaire Suleman, vice-Présidente de l’association LALLAB dont la proximité avec les Frères Musulmans a été établie à plusieurs reprises. Ou encore Fatiha Ajbli, membre du comité scientifique de l’association « Les Musulmans » créée par l’ancien Président du CCIF, Marwan Muhammad.

Nous retrouvons d’ailleurs ces deux intervenantes dans d’autres colloques à l’image de celui organisé par LALLAB en 2021 où la « bonne musulmane » est nécessairement voilée, la « visibilité religieuse au travail » est une obsession et ou les questions identitaires dominent toutes autres considérations.

Bref, une fois encore, les élus de l’agglomération et de la ville de Rennes offrent table ouverte à des personnes qui sous couvert de la juste cause de la lutte contre les discriminations, vont pouvoir dérouler aux frais de leurs administrés le discours classique victimaire, indigéniste qui ne fera que renforcer une conception de la société à mille lieux de ce que des élus de la république doivent promouvoir : une société qui travaille à dépasser sans les nier les identités des uns et des autres pour accéder à des principes communs gages de cohésion et d’acceptation des différences.

Une fois encore, au lieu de partir de nos particularités pour aller vers ce qui nous rassemble, ce colloque cultivera les ressorts qui sont ceux des entrepreneurs identitaires : le rejet de ce qui n’est pas eux, une vision communautariste de la société en même temps que caricaturale.

Que ces militants défendent leurs convictions n’est pas choquant en démocratie. Ce qui est insupportable, c’est que des élus s’en fassent les supporters, trahissant ainsi leur mission représentative.

A Viv(r)e la république, nous considérons que tous ces élus déshonorent les principes qu’ils sont pourtant censés défendre et ce faisant trahissent les mandats qui leur ont été confiés de représentation de leurs concitoyens. Nathalie APPERE, la maire de Rennes et Présidente de la Métropole, se fait complice de cette trahison, vraisemblablement pour d’obscures raisons clientélistes et communautaristes. Elle récidive après ses prises de positions en faveur du burkini dans les piscines de Rennes.

S’il lui reste quelques souvenirs des actions militantes des féministes universalistes avec qui elle a un temps milité et qui ont chèrement lutter pour la reconnaissance de leurs droits, alors il n’est jamais trop tard pour se réveiller.